UN CANARD SUR LA LOUE est une revue trimestrielle entièrement réalisée par des bénévoles. Il poursuit son aventure sur le bord de la Loue depuis 25 ans. Tiré à 450 exemplaires, il parle de la vie associative, du patrimoine, de la nature, de l'histoire locale, etc. Ses abonnés sont du Val d'Amour, d'ailleurs et parfois même d'au-delà des océans. Il est pour ses fidèles lecteurs la Vitrine du Val d'Amour. Chaque numéro d’une trentaine de pages paraît à l’arrivée du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver.

Histoire - Toponymie des villages


Arc-et-Senans
Arc (à comparer avec le français Arche) : a désigné un pont. C’est ce qu’on peut observer dans Arc-et-Senans (nom moderne né de la réunion de deux villages). Senans, proviendrait d’un nom d’homme germanique (voir Augerans, Cramans, Santans).

Augerans
Anciens noms : Algerans, Alerens, Augerantem, Aygerans. Date de première mention : 1148.
Origine : les théories classiques s’articulent autour du nom d’homme germanique Alager avec le suffixe Ing. La même base que pour Augéa pourrait être utitlisée (terrain en creux permettant le recueil de l’eau ou comportant une mare) pour le début du mot, alors que le suffixe Rans ou Rens semble provenir du mot germanique Rinc désignant un anneau ou un camp. On aurait donc le camp proche du creux, de la cavité ou de la mare, ou une étendue d’eau en forme d’anneau.

Bans
Anciens noms : Baenensis, Badenens. Date de première mention : 1089
Baenensis pourrait correspondre à une dérivation de Baer signifiant « être couvert » ou « convoiter ». Ce pourrait donc être la vallée (Nensis, de Nant). Cette dernière hypothèse correspond bien au site où le Val d’Amour s’ouvre très largement.

Belmont
Anciens noms : Belli Montis, Balli Montis, Belmonte, Bermond, Bellemond. Date de première mention : 1083.
Deux hypothèses : l’une à partir d’un nom évident qualifiant la montagne, l’autre correspondant à une formation à partir d’un terme prélatin Bel, indiquant l’idée de hauteur et complétée avec le terme roman Mont.

Chamblay
Anciens noms : Cambiaso, Chamblasium. Date de première mention : 942
Une théorie classique va du nom d’homme Camilius au « terrain au bord d’un méandre ». Un rapprochement est fait avec le médiéval Chambele désignant une petite chambre ou un lieu où habitait le Chamblier, ou un officier d’une abbaye.

Champagne-sur-Loue
Ancien nom : Champagne. Date de première mention : 1104.
Les propositions classiques font référence au bas latin Campania, dérivé de Campus (plaine, lieu défriché). Dans certains cas, ce terme a aussi le sens de champ de bataille.

Chatelay
Ancien nom : Chatelet. Date de première mention : 1550
Dérivé de Castellum, le château. Ne pas oublier que Chatel, au Moyen-Age avait le sens de « bien, patrimoine, possession ». L’évolution en Lay marque peut-être la situation dans la plaine et la présence de délaissés (anciens méandres, mortes).

Chissey-sur-Loue
Ancien noms : Chiolacum ? Date de première mention : 951.
Gallo-romain Cssius avec le suffixe Iacum ou un lieu où la rivière a apporté des pierres. La racine Chiss ou Criss correspond bien avec cet apport pierreux ou de délaissés (1) de rivières.

Cramans
Anciens noms : Cremans, Carmas, Cramento, Cramant. Date de première mention : 1139.
Deux toponymistes se rallient à un nom d’homme germanique Chramus. Un autre préfère rapprocher ce nom du latin Cremare (brûler) pour désigner un village brûlé. Une relation avec Cramas ayant donné crémaillère n’est pas à exclure et pourrait ainsi marquer la présence de foyers dans les maisons.

Ecleux
Anciens noms : Esclua, Escleux. Date de première mention : 1230.
Deux propositions : un « Es Cleux » signifiant « aux clos » (il existe d’ailleurs un lieu-dit « aux enclos » en haut du village) ; une évolution du médiéval Esclo attesté en 1180 avec le sens de « trace de sabot, piste » qui indiquerait une direction permettant de franchir la Loue. Esclua pourrait également être rattaché à « exclure, chasser » et désigner des habitants rejetés des villages voisins comme Villers-Farlay ou Chamblay. La présence ancienne de moulins permet de faire une liaison avec le latin médiéval Esclusa désignant un lieu fermé par une écluse.

Germigney
Anciens noms : Germiniacum, Germineum, Germaney. Dates de première mention : 785
Tous les auteurs classiques évoquent un nom d’homme gallo-romain, Germinius ou Germanius, avec le suffixe Iacum qui a donné les formes en Igney. Compte tenu du site, un Ger, évolution de Gue et Migney (venant de Minari = menacer) propose « le village à pxoimité du gué menacé ». A proximité de Chamblay, sur la Riverotte, était un territoire appelé « le gué de Germigney ».

Grange de Vaivre
Ancien nom : inchangé. Date de première mention : 1636
Il s’agissait d’un lieu souvent en liaison avec une propriété monastique où les grains étaient conservés. Vaivre est issu d’une racine prélatine Vobero, ruisseau qui a pris ensuite le sens de forêt humide. Grange de Vaivre correspondrait à une propriété d’un monastère de Salins.

Loye (la)
Anciens noms : Logia Novella, Loia, Loya. Date de première mention : 1029.
Liaison possible avec le nom germanique Auwja « prairie humide » et un nom de création médiévale dans le cadre d’un défrichement ; et également d’une dérivation de la base médiévale Loge désignant des baraquements (issu du Francique Laubja « abri, cabane en bois ») en lisière de la forêt de Chaux.

Mont sous Vaudrey
Ancien nom : Mont, Mont sous Valdre. Date de première mention : 1111.
Il s’agit d’une colline en aval de Vaudrey sur laquelle a été installée à l’origine une motte féodale.

Montbarrey
Anciens noms : Monte Barri, Mons Barrus, Mont-Barre, Montbarre. Date de première mention : 1157.
Pour Barrey, évolution du latin populaire Bara « barrière, clôture, porte » qui au Moyen-Age a pris le sens de péage, droit prélevé sur les denrées. Vu sa position géographique, c’est un enclos féodal ou une motte qui explique la forme Barre.

Mouchard
Anciens noms : Mochays, Moychay, Mochar. Date de première mention : 1040.
Peut-être une base germanique avec un nom d’homme. Les termes anciens pourraient se rapprocher d’un marécage (Mo, Moy) traversé ou séparé par une bande de pierre (Chay). Rousset signale que les constructions initiales correspondaient à un abri de chasseurs. Cette base liée au marécage aurait pu être influencée par Muciare, bas latin signifiant : « se cacher, s’abriter, se soustraire aux regards ».

Ounans
Anciens noms : Villa de Ulnis, Ulnans, Hunnens, Unnens, Onnans, Onans, Ougnans, Ounans-sur-Loue. Date de première mention : 1147.
Toutes les bases de Ougnans à Onnans se rapportent à l’eau : Ougne, Ogne, Onne et à la vallée Nans. Les anciennes formes comme Ulnis font référence à l’aulne.

Pagnoz
Ancien nom : Pagnol. Date de première mention : 1288.
Deux solutions ouvertes par une dérivation du latin populaire Pastio(nare) désignant soit un lieu de pâturage, soit un territoire disposant d’un droit de pâturage pour les porcs (Pasnageor).

Port lesney
Anciens noms : Staulint, Portus et Stanlue, Portus et Staulinus-Laine, Port et Stanlain-Lesnay, Portu de Leignay, Port de Lesney. Date de première mention : 721.
Staulint pourrait venir d’une évolution de Sto, Stare, avec le sens de « se tenir debout ou au mouillage, s’arrêter, séjourner, être établi » et Lint de Linter « barque, esquif, nacelle, vaisseau de bois ». Lesnay et Lesney sont influencés par le terme Nay avec le sens de « passage de l’eau ».

Santans
Ancien nom : Senticus. Date de première mention : 785.
Nom d’un homme germanique Sinta (le voyageur, l’aventurier) avec le suffixe Ing. Une autre piste à partir d’une base Sente « le sentier, le chemin » et d’une terminaison en Cus pour la forme ancienne venant soit de Cuspis « pente » soit de Custos « gardien, protection », alors que Sentis ou Sentos ne désignaient pas initialement le sentier, mais des ronces ou des buissons épineux.

Souvans.
Anciens noms : Sovens, Sovans, Souvancum, Souvens. Date de première mention : 1085.
Sovin, du latin Supinum, désigne un territoire ravagé par la rivière ou par une invasion. Il n’est pas exclu une étable (à porcs) Seu ou Sou, fermée par une haie, une clôture ou une palissage : Van, Ven ou Venne.

Vaudrey
Anciens noms : Waldre, Wadrey, Vaudreium, Vauldrey. Date de première mention : avant 1000.
A partir d’un nom d’homme Wald-Hari « le guerrier fort ». Des explications plus récentes préfèrent la notion de val ou vallée, et par Dre ou Dreu « florissant, riche » qualifiant les possibilités agricoles de ce territoire.

Vieille Loye (la)
Ancien nom : vetus logia. Date de première mention : avant 1087.
Il s’agit de l’ancien village de la Loye. Le nom correspond aux anciennes « loges » ou baraques en bois de défricheurs et charbonniers qui étaient établies au centre de la forêt de Chaux.

Villeneuve d’Aval :
Ancien nom : Villa-Nova. Date de la première mention : 1184.
Le nom ne pose pas problème. Sa forme médiévale signifie : nouveau village en aval.

Villers-Farlay
Anciens noms : Villers Fellay, Villers Fallay. Date de la première mention : 1139.
Villers signifie village. Farlay pourrait être un nom d’homme médiéval ou un Francique Falisa qui indiquerait un lieu sablonneux ou un Fel « impie » qui s’opposerait à un territoire proche, sous autorité ecclésiastique. Une autre piste : un Fallère pourrait avoir servi de base pour désigner un territoire convenable pour s’installer. Enfin une composition avec Laie, Laye du Francique Laida aurait pu indiquer un chemin dans la forêt.
 
Colette Foisy
Canard n°8, Eté 2007

Bibliographie :
Histoire des Noms de Lieux du Jura, Jean-Pierre Vuillemot, 2002
Noms de lieux de Franche-Comté, François Lassus et Gérard Taverdet, 1995.
Noms de lieux du Jura, Gérard Taverdet, 1965.
Toponymie de la France, Auguste Vincent, 1984.