Personnage célèbre - Jules GREVY


Il naît à Mont-sous-Audrey. Après des études au Collège de l’Arc à Dole, au Collège de Poligny, au Lycée et à la Faculté à Besançon, Jules Grévy intègre l’École de Droit à Paris où il obtient la licence de Droit. Avocat inscrit au Barreau de Paris de 1837 à 1879, il est élu Bâtonnier en 1870.
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Commissaire de la République à Lons-le-Saunier en 1848, il est élu député du Jura la même année et assurera la vice-présidence de l’Assemblée. Après le coup d’État de décembre 1851, arrêté et détenu un temps, il se retire de la vie politique. De nouveau député en 1868, il est
élu Président de l’Assemblée Nationale alors que le Gouvernement nomme Thiers « Chef du pouvoir exécutif de la République française ». En 1873, Thiers étant battu, l’élection de Mac Mahon à la présidence de la République provoque la démission de Jules Grévy. En 1876, député de Dole, Jules Grévy est à nouveau élu Président de l’Assemblée Nationale. En 1877 il est désormais le chef du Parti Républicain.

En 1879, Mac Mahon démissionne et le Congrès élit Jules Grévy Président de la République, premier président républicain de la IIIe République, tandis que Gambetta est élu à la présidence de l’Assemblée Nationale.
En 1880, deux décrets rendent obligatoire la dispersion des congrégations religieuses et le Panthéon est enlevé définitivement au culte catholique.
En 1880, la Marseillaise est adoptée comme hymne national et le 14 juillet comme journée de la Fête Nationale. Jules Ferry, ministre de l’Instruction Publique, attache son nom à une série de lois qui organisent d’une façon complète l’enseignement démocratique : enseignement primaire obligatoire, gratuit et laïc, développement des enseignements primaire supérieur, secondaire, technique et supérieur.

Les lois sociales de la IIIème République établissent ou renforcent les libertés de la Presse, en 1881, de réunion, d’association et de conscience. La IIIème République prend en main la défense des humbles, faisant bénéficier les ouvriers d’une série de lois limitant le nombre des heures de travail, ainsi que des lois sur les accidents du travail, sur l’assistance aux vieillards, sur les retraites ouvrières... Les conditions du travail ont ainsi subit des modifications profondes.
Le ministre Freycinet lance un plan de grands travaux : ports, canaux, chemins de fer.

Un mouvement de sympathie prévaut durant toute la présidence de Jules Grévy et les milieux économiques sont très favorables. Président, bon père de famille, rassurant les chancelleries, irréprochable sur le plan privé, il mène une politique laïque modérée. Peu enclin à encourager la colonisation pour réserver l’essentiel des forces à la protection du sol national, il sera cependant d’accord pour l’expédition vers la Tunisie, mais plus réticent pour l’occupation du Tonkin.

Jules Grévy voit son mandat reconduit au premier tour en décembre 1885. En avril 1887, très bon diplomate, il réglera pacifiquement, avec calme et autorité, l’affaire Schnaebele, entre la France et l’Allemagne de Bismark. Il reste Président de la République jusqu’à sa démission en décembre 1887.
Jules GRÉVY, qui a connu un total de douze ministères, a exercé une influence certaine, déterminante et durable jusque sur les cabinets contemporains, notamment en ce qui concerne les rapports entre Parlement et Gouvernement. Tacitement, c’est lui qui instaure la désignation de fait des Présidents du Conseil. Indépendamment du respect de la République, il aura en permanence deux priorités : les Affaires Extérieures et la Guerre, qui demeureront du ressort de ses successeurs contemporains.

Revenu à la vie privée, l’ancien Président partage son temps entre son appartement parisien et le Château de Mont-sous-Vaudrey où il décèdera emporté par une congestion pulmonaire. Les obsèques nationales et religieuses, grandioses, amènent à Mont-sous-Vaudrey les représentants de tous les corps constitués et toute la classe politique. Il repose en Val d’Amour dans le cimetière de Mont-sous-Vaudrey.

Luc Duboz,
Jean-Claude Véron
Jean Claude Charnoz