UN CANARD SUR LA LOUE est une revue trimestrielle entièrement réalisée par des bénévoles. Il poursuit son aventure sur le bord de la Loue depuis 25 ans. Tiré à 450 exemplaires, il parle de la vie associative, du patrimoine, de la nature, de l'histoire locale, etc. Ses abonnés sont du Val d'Amour, d'ailleurs et parfois même d'au-delà des océans. Il est pour ses fidèles lecteurs la Vitrine du Val d'Amour. Chaque numéro d’une trentaine de pages paraît à l’arrivée du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver.

Histoire - Jean Louis Léon Guignard (1852-1928)


Le Val d’Amour, plus précisément Mont-sous-Vaudrey a donné naissance à un illustre savant botaniste et pharmacien : Jean Louis Léon Guignard (1852/1928).
Léon Guignard est issu d’une très ancienne famille de Mont-sous-Vaudrey.
Il y voit le jour le 13 avril 1852 (sa maison natale est située au 32 de l’actuelle rue Léon Guignard, maintenant maison de retraite) Son père Claude François Guignard et sa mère Josette Constance Fourneret exercent le métier de cultivateurs.
À cette époque, Mont-sous-Vaudrey compte 1 300 habitants. Le bureau de poste est en place depuis 1826, et après l’incendie de 1832, la municipalité a fait construire une nouvelle église avec son presbytère, ainsi qu’une maison commune, l’école et son préau. Le maire de Mont, François Dubois vient de succéder à François Hyacinthe Grévy le père de Jules Grévy.
Léon Guignard passe ses premières années à Mont-sous-Vaudrey où il est scolarisé dans la nouvelle école. Bon élève, il est admis en 5ème au pensionnat des Orphelins à Dole (27 rue Pasteur). Le 5 août 1870, il obtient, à Besançon, le baccalauréat ès Lettres mention « très bien » (trente ans avant lui, le 29 août 1840 Louis Pasteur avait été reçu bachelier ès Lettres). Il part ensuite à Paris étudier la pharmacie. Il y effectue trois stages auprès de pharmaciens d’officine, de septembre 1871 à octobre 1874, tout en étudiant à l’École de Pharmacie de la rue de l’Arbalète. Il est reçu à l’internat de pharmacie des Hôpitaux de Paris en 1879. Après la remise de la médaille d’argent en 1878 et de la médaille d’or en 1880, il obtient le diplôme de « pharmacien supérieur ».
Entre temps, Léon Guignard étudie les Sciences à la Sorbonne, passe une licence et soutient une thèse. En 1882, il est reçu Docteur ès Sciences.
À partir de là, il se consacre à la recherche et à l’enseignement dans des domaines intéressant à la fois la pharmacie, la botanique et les sciences. En 1885, il enseigne à la Faculté des Sciences de Lyon, il est également directeur du Jardin botanique de la Tête d’Or à Lyon.
Le 10 février 1887, il est nommé professeur à l’École de pharmacie de Paris, il n’a pas encore 35 ans. Il y enseigne la botanique jusqu’au 30 septembre 1927. Il dirige dès 1900 cette même École de pharmacie. Il en devient le directeur (ou doyen) honoraire en 1910.
En 1894, il est président de la Société botanique de France. Le 11 février 1895, il entre à l’Institut. Il est membre de l’Académie nationale de médecine et membre associé de l’Académie nationale de pharmacie.
Botaniste, homme de science, il travaille particulièrement dans le domaine de la reproduction et du développement des plantes, et en particulier le développement des chromosomes. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont :
- « Guide du jardin botanique »
- « Guide de l’inspecteur en pharmacie »
- « Recherches sur le sac embryonnaire de phanérogrames »
- « Les centres cinétiques chez les végétaux »
- « L’appareil sexuel et la double fécondation dans les tulipes ».
Léon Guignard est fait Commandeur de la Légion d’honneur. En 1906, il est élu à l’Académie de Besançon. Ce savant botaniste et pharmacien est très estimé en haut lieu. On fait appel à lui lors de la création du laboratoire des Fraudes.
Il épouse le 18 novembre 1915 à Paris 4ème, Marie Fourneret. Il décède le 7 mars 1928 en son domicile, 6 rue du Val de Grâce à Paris à l’âge de 76 ans.
Après sa mort, un hommage unanime lui est rendu. Un monument, érigé dans le jardin, sous la fenêtre même de son laboratoire, est inauguré le 28 juin 1933.
Sur la façade de sa maison natale à Mont-sous-Vaudrey, est apposé un médaillon en bronze à son effigie ainsi qu’une plaque commémorative.
Une des salles de cours de la Faculté de Pharmacie de Paris (maintenant Faculté des Sciences pharmaceutiques et biologiques Robert Weil) porte le nom de Léon Guignard.

Sources : « Échos du Jura au temps passé », Pierre Gouhot
Hélène Charnoz
Canard n° 75, été 2005