UN CANARD SUR LA LOUE est une revue trimestrielle entièrement réalisée par des bénévoles. Il poursuit son aventure sur le bord de la Loue depuis 25 ans. Tiré à 450 exemplaires, il parle de la vie associative, du patrimoine, de la nature, de l'histoire locale, etc. Ses abonnés sont du Val d'Amour, d'ailleurs et parfois même d'au-delà des océans. Il est pour ses fidèles lecteurs la Vitrine du Val d'Amour. Chaque numéro d’une trentaine de pages paraît à l’arrivée du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver.

Entreprise - SIGRAND à : 39380 Souvans

On dit souvent que les Franc-Comtois sont des « taiseux » pour signifier qu’ils ne cherchent pas forcément à faire parler d’eux, tout en réalisant un travail magnifique, méritant largement d’être mis en avant. Vous savez que votre Canard aime bien dénicher ce genre d’hommes et de situation. Et il a trouvé une entreprise à la pointe de la modernité dont des voisins à 200 mètres ignoraient l’existence. Un bon nombre de Valdamouriens doivent sans doute l’ignorer également. Alors si vous le voulez bien, suivez nous.

Prenez la direction de Souvans. Puis à peine à l’écart de l’axe routier, partez en direction de l’ancienne gare chère à Grévy. Et là, mine de rien, un atelier vous attend avec de belles surprises. Vous avez déjà tous vu le résultat de son activité, sans vous douter des moyens d’y parvenir. Car vous avez tous tenu un jour entre vos mains une boîte de fromage, comme les camemberts, le Caprice des dieux, le Roquefort ou le Charcenne, sans parler des emballages à pizza ou à charcuterie, des barquettes ou autres plateaux. Mais comme tous les français, vous êtes sans doute plus attentifs au contenu qu’au contenant. Pour une fois, attendez de vous servir et regardez la boîte. Comment se fabrique-t-elle ? L’entreprise Sigrand de Souvans vous répond.

Mais avant de visiter les ateliers, un peu d’histoire. Au départ de cette entreprise, on trouve Armand SIGRAND originaire de La Loye, dont la mère (Jeanne Cour) et l’épouse étaient de Souvans. C’était un homme ingénieux, plein d’idées. Mais il n’imaginait sans doute pas que la petite affaire qu’il créait dans le garage de sa maison, connaîtrait un jour un destin tout à fait remarquable. Que de chemin parcouru par cette entreprise individuelle évoluant dans un cadre artisanal dans les années soixante, jusqu’à son intégration en 1990, dans le groupe LACROIX, un spécialiste national de l’emballage alimentaire. Votre Canard, particulièrement intéressé lorsqu’il s’agit d’économie locale, surtout lorsqu’elle touche à la gastronomie, n’a pu résister à la curiosité d’en savoir davantage sur cette entreprise.

A notre arrivée, nous pensions avoir affaire à une petite entreprise locale. Mais pas du tout. La mondialisation est en marche depuis longtemps. Nous sommes reçus par Michel LACROIX, responsable du Groupe de Bois d’Amont, ainsi que par Jean-Luc CHATOT, responsable local et Charles KRESS, jeune ingénieur dessinateur de l’école de Belfort. Ils nous expliquent le rapport entre Bois d’Amont et Souvans. Autant dire qu’ils nous promènent à travers le vaste monde.

LACROIX EMBALLAGES est aujourd’hui la maison mère. C’est une entreprise familiale créée dans les années cinquante par René LACROIX et dont le siège social se trouve à Bois-d’Amont. Le groupe Lacroix comprend 10 unités en France et est spécialisé dans la fabrication de boîtes de fromages en bois, en carton et en matières plastiques. Il est également présent au Canada, aux Etats-Unis, en Pologne, en Roumanie et en Turquie. Il emploie 650 personnes en France et 200 à l’étranger. En dehors des sites de production de boîtes, dont les plus importants se trouvent au siège et en Normandie, le groupe comprend une unité de préparation en bois à Cousance, une imprimerie dans les Vosges, une unité d’injection plastique et deux centres de production de machines spéciales (Bois d’Amont et Sigrand à Souvans). Moyennement présent en Franche-Comté sur le marché des boîtes de fromages, le groupe a une large clientèle nationale et se diversifie régulièrement dans le domaine de l’emballage alimentaire.

La société SIGRAND emploie 10 personnes : 2 administratifs et 8 productifs. Elle est installée dans des locaux modernes qui datent de 1972. Son activité consiste à réaliser pour le groupe des machines spéciales qui seront bien entendu utilisées pour fabriquer des boîtes de fromages et d’autres encore. Cela va de la conception au montage, en passant par toutes les étapes intermédiaires de la fabrication, notamment l’usinage. L’ordinateur y tient évidemment un rôle déterminant : DAO, CAO (dessin et conception assistée sur ordinateur) avec simulation. La future machine tourne d’abord sur l’écran avant qu’on la construise. Elle peut être observée ainsi sous tous ses angles. La variété des commandes comme les variations de la mode appellent le renouvellement des machines, dont certaines demandent jusqu’à six mois de travail.

Dans un atelier d’environ 1500 m2, nous sommes impressionnés par de superbes machines, certaines plus hautes que nous. D’autres à commandes numériques permettent un usinage et un contrôle à des vitesses vertigineuses : dix pièces à la seconde ! Une fraiseuse fonctionne à 20 000 tours minute. Nous sommes également admiratifs devant les réalisations du site (voir photo). Ici on travaille beaucoup l’aluminium. Le profilé en aluminium se révèle en effet un matériau très intéressant, permettant notamment une évolution aisée du matériel.

Voilà, la visite (rapide) est terminée. Avouez qu’il aurait été dommage de ne pas faire connaissance avec une entreprise maîtrisant autant de technicité et qui dispose, à l’évidence, de beaucoup d’ingéniosité et d’atouts. Si votre Canard ne s’était pas décidé à faire cette démarche, vous n’en auriez sans doute pas fait tout un fromage. Mais qui sait, vous n’auriez peut être pas manqué un jour ou l’autre de… nous mettre en boîte !

B .G & H.M.