UN CANARD SUR LA LOUE est une revue trimestrielle entièrement réalisée par des bénévoles. Il poursuit son aventure sur le bord de la Loue depuis 25 ans. Tiré à 450 exemplaires, il parle de la vie associative, du patrimoine, de la nature, de l'histoire locale, etc. Ses abonnés sont du Val d'Amour, d'ailleurs et parfois même d'au-delà des océans. Il est pour ses fidèles lecteurs la Vitrine du Val d'Amour. Chaque numéro d’une trentaine de pages paraît à l’arrivée du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver.

Construction du pont entre Arc-et-Senans et Cramans


Lors de mes recherches aux Archives Départementales, j’ai pu récupérer et photocopier une ordonnance du Roi Louis Philippe en date de 1835 concernant la construction d’un pont suspendu sur la Loue, entre Arc-et-Senans et Cramans, en remplacement du bac jusqu’alors utilisé (voir documents joints).
Cette ordonnance stipulait que « Il sera pourvu aux frais de construction et d’entretien de ce pont au moyen d’un péage concédé par adjudication publique ».

Ce pont devait évidemment faciliter les échanges entre les deux rives de la Loue et notamment entre Arc-et-Senans et Cramans et favoriser le marché du sel provenant de la saline d’Arc-et-Senans. La construction commença en 1775 et ne fut jamais vraiment terminée. Il servit pendant une cinquantaine d’années seulement, puisqu’un projet de reconstruction fut élaboré en 1889 selon les délibérations du Conseil Général, séances des 1er, 2 et 3 mai 1882 (voir article d’André Colmagne du « Canard sur la Loue » n° 80).

Une route fut tracée au cordeau partant de la saline au pont et rejoignant sur l’autre rive la route de Cramans à Champagne.

Avant 1835, le passage des personnes, des bestiaux et des marchandises se faisait au moyen d’un bac situé sur la Loue, en aval, non loin du moulin Toussaint actuel. Pour accéder à ce bac depuis Cramans, un chemin partait (il existe toujours) peu après l’église sur la droite et rejoignait la rivière. On pouvait aussi prendre la rue Chevrey en plein centre du village et rejoindre ce chemin. On arrivait ainsi à la maison du Barcotier et, grâce au bac, on accédait à l’autre rive (« La vieille Barque » maison Chevalier) puis au village d’Arc.

Le bac a été longtemps exploité par la famille Chenu que l’on avait surnommée « Baccu ».

Pour se rendre à Arc-et-Senans depuis Cramans, on traversait également la Loue (certainement à l’aide de simples embarcations) au bas du village de Champagne.

Pour Villers-Farlay, il y avait certainement deux possibilités : la première était le chemin qui passe vers le cimetière actuel de Cramans et arrive en face de la mairie actuelle de Villers-Farlay ; la deuxième était de traverser les ruisseaux du Pontot et de la Larine (en allant tout droit à l’extrémité de Villers-Farlay ; le tournant actuel à angle droit n’existait certainement pas).

En direction de Mouchard, l’itinéraire était à peu près le même que celui d’aujourd’hui.
Pour Port-Lesney, on devait certainement emprunter le chemin des « Champs Noirot », les « Dies » et le chemin de Notre Dame de Lorette.

Pierre Maillard
Canard n° 85, été 2007