Nature : La chevêche d'Athéna

Depuis environ 30 ans, Un Canard sur la Loue suit le fil des saisons : chaque numéro d’une trentaine de pages paraît à l’arrivée du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver. Sa couverture est en couleurs et présente une photo du Val d’Amour. L’intérieur est en noir et blanc avec des illustrations.

Son comité de rédaction fort d’une douzaine de membres avec un noyau dur de six rédacteurs réguliers, effectue des recherches, des interviews, des rencontres pour donner une information sérieuse sur des sujets qui tournent autour de la nature (faune et flore), de l’histoire locale, du patrimoine (naturel et bâti) et du tissu économique avec la présentation d’une entreprise.

Il est financièrement autonome grâce à ses propres ressources : abonnements et ventes au numéro dans une dizaine de commerces du Val d’Amour. Il ne bénéficie d’aucune aide extérieure, ce qui lui permet une totale liberté pour le choix et le traitement des sujets présentés.

 La chouette aux yeux d'or...
La Chevêche d'Athéna est l'un des plus petits rapaces nocturnes de France. Sa silhouette est trapue, son vol onduleux comme celui d'un pic. Sa tête, ronde et large, montre deux yeux dorés surlignés d'un sourcil blanc qui lui donne un air « sévère ». Le dos est brun, tâché de blanc, la poitrine quant à elle est blanchâtre et striée de brun. Contrairement aux autres rapaces nocturnes, elle est souvent visible la journée, surtout au crépuscule, perchée sur un toit ou une cheminée, un piquet de clôture ou un poteau téléphonique. De mars à mai, on peut entendre le chant du mâle (hiou-oû), doux et plaintif, qui recherche une âme sœur ou délimite son territoire. L'espèce est peu craintive et peut ainsi s'établir à proximité des constructions humaines. Elle peut vivre une dizaine d'années.



En France, la chouette chevêche fréquente les vergers, les prairies et les villages. Pour se nourrir, elle apprécie les terres avec une végétation basse où il est plus facile de repérer et d'attraper ses proies : surtout des campagnols, puis autres micro-mammifères, insectes de bonne taille (criquets, sauterelles, coléoptères etc), vers de terre et parfois petits passereaux. Pour nicher et se reposer, elle recherche des arbres creux et des constructions humaines. En majorité, les couples adultes sont sédentaires et sont fidèles à leur territoire.
 
La chouette chevêche
Une espèce menacé
Depuis 1970, 20 à 50% des effectifs auraient disparu. Elle a aujourd'hui quasiment disparu des environs de l'agglomération bisontine alors qu'elle y était bien présente dans les années 80. Une des causes majeure du déclin de cette espèce est la destruction et la fragmentation de son habitat : transformation des prairies en cultures ou en terrains à bâtir (élimination des arbres et donc de sites potentiels de nidification, appauvrissement du nombre et de la diversité des proies), destruction des proies due à l'usage des pesticides, destruction de vergers, etc. À cela s'ajoutent d'autres causes de mortalité comme la collision avec des véhicules, le piégeage dans les poteaux téléphoniques creux ou dans certaines cheminées, etc. La chevêche d'Athéna subit également de nombreux dérangements pendant la période de nidification.

En Franche-Comté, son statut de conservation est " en danger ". Son avenir sur le territoire régional dépend en partie des choix qui seront faits dans l'avenir pour notre agriculture, pour nos transports, mais également de l'action de chacun dans son village ou autour de chez lui. Il convient donc d'agir, en élaborant un ensemble d'actions cohérentes : améliorer la connaissance de cette espèce sur un secteur donné (nombre de couples, localisation et protection des cavités fréquentée), puis à partir d'un bilan de la situation et des moyens disponibles, actions de conservation telles que la pose de nichoirs, l'entretien et la plantation de vergers, etc. actions programmées sur une certaine durée et évaluées afin d'établir leur pertinence.

Un plan d'actions en Franche-Comté

La LPO Franche-Comté a initié en 2008 un plan d'actions financé par la Direction Régionale de l'Environnement de Franche-Comté dans le but de maintenir et de sauvegarder l'espèce. Près de 40 bénévoles se sont investis et le plan se poursuit en 2009.

Actions de connaissance

Les zones retenues pour les enquêtes sont les villages et leurs périphéries, les hameaux, les fermes isolées entourées de polycultures et de vergers. Sont exclues de l'enquête les zones forestières, d'agriculture intensive ou fortement urbanisées. L'observateur effectue au moins deux visites par météo favorable. Les prospections commencent une heure après le coucher du soleil jusqu'à 1 heure du matin, de mi-février à fin mars pour recenser les mâles chanteurs.
En Franche-Comté de telles enquêtes ont été réalisées dans un certain nombre de secteurs.

Nord de la Haute-Saône : la tendance est un déclin modéré de la répartition indiquant une dégradation de la situation.
Territoire de Belfort et communes de Haute-Saône limitrophes : les enquêtes ont permis de contacter 19 mâles chanteurs et de mettre en évidence deux noyaux de population.
Entre Doubs et Ognon : 25 communes prospectées, 12 mâles chanteurs recensés.
Basse vallée de l'Ognon : 3 communes prospectées ; 9 à 10 sites occupés.
Premier plateau bisontin et vallée du Doubs : 10 communes ont été prospectées : aucune chouette chevêche contactée sur le secteur.
Autres secteurs : des enquêtes ponctuelles ont également été réalisées, dans les environs proches de Dole (quelques contacts) ou Besançon ainsi qu'en Haute-Saône.

Dans le Val d'amour : une douzaine de communes prospectées en 2008 entre Liesle et Ounans ; 8 à 10 sites occupés par l'espèce. Certains villages (Ecleux, Villers-Farlay...) ont plusieurs couples de chevêches installés, dans d'autres, l'espèce semble absente alors que les conditions sont favorables ! La Saline Royale à Arc-et-Senans héberge au moins deux couples de chevêches et lors de la nuit de la chouette (samedi 14 mars 2008) une bonne centaine de personnes a assisté à la sortie de la chouette de jour, en plein centre de l'architecture, comme une maîtresse incontestable des lieux, sage et défiante à la fois comme la déesse qu'elle incarne. Après l'image, le chant et les cris ont résonné dans une acoustique parfaite au début de la nuit.

Actions de sensibilisation

La sensibilisation du grand public mais aussi et surtout des acteurs concernés par la présence de la chouette chevêche (propriétaires de terrains favorables ou de bâtiments abritant la chevêche, maires, agriculteurs) est très importante pour construire des actions de conservation solides.

Actions de conservation

La pose de nichoirs
Là où les chevêches sont présentes, on peut favoriser le renforcement de la population en posant des nichoirs. La pose de nichoirs se justifie pour dynamiser la population en augmentant le succès de reproduction des couples, pour favoriser l'installation de nouveaux couples en posant des nichoirs dans des villages non occupés et pour assurer la connexion entre plusieurs populations fragmentées. L'objectif est de renforcer la population qui pourra ensuite se développer sur les communes voisines.
Dans le Val d'Amour, plusieurs nichoirs ont été construits et installés, un a été rapidement occupé comme habitat de substitution suite à un fort coup de vent qui avait détruit le vieux pommier hébergeant la chouette. Les autres ont eu des visites mais pas encore de preuves certaines de nidifications.

Plantation de vergers
Il est nécessaire de maintenir et d'entretenir les vergers traditionnels existants, mais aussi de créer de nouveaux vergers par la plantation d'arbres fruitiers. Il s'agit d'une action à long terme. Ces vergers sont nécessaires pour restaurer des corridors écologiques qui ont disparu, et qui pourront permettre aux noyaux de population existant de repeupler les zones à très faible population.

Mesures agro-environnementales :
L'objectif est de favoriser le maintien de surfaces en herbe (pâturages, prairies de fauche, vergers traditionnels, bocages,...). Il s'agit d'encourager la création de couverts herbacés ainsi que l'entretien des vergers de hautes tiges et de prés vergers favorables à la chevêche. Toutes ces propositions doivent être en cohérence avec la marche des exploitations agricoles.

Projets dans le Val d'Amour

À partir de février 2010, il faut reprendre la prospection des communes pour confirmer les couples présents et aussi découvrir d'autres populations dans d'autres communes. Dès la fin de l'été, il faut installer de nouveaux nichoirs à titre préventif pour que vive dans le Val d'Amour la chouette aux yeux d'or.
Christian Chopard

Sources : revue LPO Info Franche-Comté n°8

Vidéo : Le Jura ↓




Le Lorem Ipsum est simplement du faux texte employé dans la composition et la mise en page avant impression. Le Lorem Ipsum est le faux texte standard de l'imprimerie depuis les années 1500, quand un peintre anonyme assembla ensemble des morceaux de texte pour réaliser un livre spécimen de polices de texte.

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